Portrait de Raffaello Farinelli, Maître Verrier Biotois

Quand avez-vous découvert le verre ? Parlez nous de cette rencontre ?

J’ai découvert le verre lorsque j’étais adolescent. A cette époque j’étais passionné par les voitures – je le suis toujours d’ailleurs – et je travaillais dans un garage. Mais un jour je suis entré dans l’atelier de la verrerie de Biot et … j’y suis resté plus longtemps que prévu. Le métier du verre m’a tout de suite passionné. Puis, comme beaucoup de verriers de notre commune, j’ai eu la chance d’être embauché en tant que gamin à la verrerie de Biot.

Verre-BiotA l’époque les « gamins » de la verrerie de Biot, avaient non seulement la chance d’apprendre un métier fabuleux, mais aussi de gagner un salaire très correct. Je pense que tous les verriers de notre commune devraient être reconnaissants envers la verrerie de Biot, qui a fait de notre ville l’une des capitales du verre soufflé et qui a permis à chacun de nous d’exercer un métier remarquable.

 

Après cette période à la verrerie de Biot, qu’est ce qui vous poussé à créer votre propre atelier ?

A vrai dire, beaucoup de choses se sont passées avant que je monte ma verrerie. Mais si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à Jean Lechaczynski, alors Directeur Général de la Verrerie de Biot, qui m’a fait confiance et m’a permis de faire tourner mon premier atelier à Vallauris en 1978. C’était une antenne de la Verrerie de Biot, dont Jean m’avait confié les rennes.

 

Vous avez comme spécialité l’art de la table, pourquoi ce choix ?

Parce que je pense être artisan plutôt qu’artiste. Les verres, les assiettes et les objets utilitaires que je fabrique touchent une clientèle très large. Du simple souvenir à la grande décoration, cela me permet d’être présent dans plusieurs domaines.

 

Une question que beaucoup de monde se pose : La majorité des verriers biotois ont démarré ensemble avant de créer leur propre atelier. Etes-vous forcément tous concurrents?

Non pas du tout. Je pense qu’il y a du travail pour tout le monde et chacun a sa spécialité. J’admire mes collègues qui excellent dans la pièce unique et l’innovation ; je pense à Nano Novaro, ou à Robert et Antoine Piérini, qui ont le courage et les compétences pour exposer dans le monde entier. Je pense que la complémentarité fait la force de la renommée de la ville de Biot, qui si elle est connue grâce au verre, c’est parce que nous sommes plusieurs à pratiquer cet art.

 

Vous êtes plusieurs certes, mais pourtant il semble que le métier disparaisse peu à peu… Comment voyez vous l’avenir des verriers à Biot ?

Malheureusement, c’est effectivement une question d’actualité pour notre commune. Pour ma part, je ne compte pas continuer éternellement, et il est très difficile de trouver des jeunes pour reprendre le flambeau.

 

Comment résumez vous votre métier ?

C’est un métier passionnant certes, mais qui demande énormément d’investissement en terme de temps, un vrai engagement personnel, de la rigueur, de la précision et, comme pour d’autres métiers, un temps d’apprentissage qui dure une vie. Il y a incontestablement beaucoup de contraintes et de fatigue, mais celles-ci sont compensées par la satisfaction de voir les produits que nous créons et le plaisir que l’on suscite chez les gens qui entrent dans l’atelier.

 

Vous venez de dire que vous n’allez pas continuer le verre éternellement, avez vous d’autres projets ?

J’ai aujourd’hui plus 45 ans de carrière dans le verre et j’aimerais ralentir un peu. J’ai d’autres projets et des idées plein la tête. Avant tout, je souhaiterais perfectionner mon swing au golf, me consacrer à d’autres passions comme les voitures anciennes, et enfin faire découvrir le monde à ma petite fille Manon.

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